Cashflow net-net : calculer le vrai rendement (pas le brut)
Le rendement brut est le pire indicateur pour évaluer un investissement : il ignore tout ce qui sort de votre poche. Le seul chiffre qui dit la vérité, c'est le cashflow net-net — ce qu'il reste réellement, une fois tout payé.
Les trois étages du rendement
On confond souvent trois choses très différentes :
- • Rendement brut = loyers annuels ÷ prix d'achat. Flatteur, et trompeur : il n'enlève rien.
- • Rendement net = on retranche les charges (taxe foncière, assurance, gestion, entretien, charges non récupérables, comptabilité).
- • Cashflow net-net = on retranche aussi le crédit et la fiscalité. C'est ce qui reste vraiment, chaque mois, dans votre poche.
Pourquoi le brut ment
Un bien affiché à « 8 % brut » peut se révéler à cashflow négatif une fois la taxe foncière, la vacance, la gestion, les intérêts d'emprunt et l'impôt intégrés. À l'inverse, un « 5 % brut » bien structuré (régime fiscal optimisé, charges maîtrisées) peut dégager un cashflow positif. Comparer deux biens au rendement brut, c'est comparer deux illusions.
La logique de calcul
Partez des loyers encaissés (donc après vacance et impayés prudents), retranchez les charges réelles annuelles, puis l'annuité de crédit, puis l'impôt selon le régime (le régime fiscal change tout — voir notre guide LMNP réel vs micro-BIC). Le résultat, ramené au mois, vous dit si le bien s'autofinance, vous coûte, ou vous enrichit.
Le réflexe à garder
Un seul indicateur ne suffit jamais : croisez le cashflow net-net avec la création de patrimoine (capital remboursé par le locataire) et l'horizon de revente. C'est exactement ce qu'A.D.M chiffre pour chaque stratégie d'exploitation — pour trancher « vendre ou conserver ? » sur des nombres, pas sur un rendement brut.